lundi 17 juin 2013

Profanes, de Jeanne Benameur 5/10

Octave Lassalle est un ancien chirurgien qui vit seul, hanté par la mort de sa fille ; ce jour là, il aurait pu la sauver dans son bloc,  mais sa main d’habitude si sûre a failli. Sa femme ne lui a jamais pardonné son hésitation et a quitté le pays, le laissant seul avec ses remords. Arrivé au crépuscule de sa vie, il décide de s’entourer de 4 personnes qui se relaient à ses côtés pour l’accompagner au quotidien, jour et nuit. Ces trois femmes et cet homme souffrent eux aussi de blessures anciennes qui les engluent dans le passé. Ensemble et jour après jour, ces âmes meurtries retrouvent un second souffle et le vieil homme, dans un dernier élan de vie, parvient enfin à se tourner vers l’avenir.

L’écriture est belle, d’ailleurs  on ne peut pas s’attendre à autre chose de la part d’un roman publié chez Actes Sud. Mais pour je ne sais quelle obscure raison, j’ai peiné à lire ce roman (en témoigne la date de mon dernier post publié il y a un mois !). Tout est lenteur et suggestion, souvenirs et flous artistiques…  ça a glissé sur moi, il ne m’en reste rien d’autre qu’une impression d’être restée sur ma faim, je ne peux pas en dire plus…


mercredi 15 mai 2013

Cinquante nuances plus claire, El James 2/10

Anastasia et Christian ont échangé leurs voeux de bonheur et s'adonnent à leur activité favorite dans les endroits les plus fous et fastueux... Malgré leurs difficultés qui refont surface de temps à autre et un Christian plus qu'échaudé par une petite enfance traumatisante, les deux tourtereaux roucoulent sous le soleil. Mais c'est sans compter sur la malveillance d'un ennemi commun qui veut la ruine de Christian et la souffrance d'Ana. Des courses poursuites effrénées aux ébats amoureux des jeunes mariés , EL James met le paquet pour tenter d'innover dans le dernier opus de cette saga érotique.

Et pourtant...la mayonnaise ne prend pas car toutes les situations sentent le déja vu et la redite, jusqu'à la tournure des phrases. On a bien compris qu'Ana ne résiste pas à la beauté de son mari et qu'elle adore quand il porte sa chemise en lin blanche... on a bien enregistré aussi que Christian craque quand Ana se mord la lèvre... bon et puis quoi? c'est poussif, répétitif, caricatural, et l'intrigue est quasi inexistante. Bref, il aurait fallu arrêter l'expérience au premier livre qui permet aux novices de ce type de littérature de faire une découverte plutôt surprenante. Mais les deux tomes suivants laissent place à l'agacement devant tant de vacuité. Et puis le plus énervant... c'est qu'on a quand même envie d'aller au bout... juste pour voir...

lundi 6 mai 2013

L’île des oubliés, de Victoria Hislop 7/10



Alexis est une étudiante Anglaise en proie à des questionnements sur le sens qu’elle veut donner à sa vie ; face au mutisme de sa mère, elle sent le besoin impérieux de partir en Crête sur la trace de ses ancêtres pour faire parler sa terre natale …
Elle débarque alors dans le village natal de ses grands-parents et rencontre ceux qui ont compté dans leur vie ; sur une terrasse à l’ombre des arbres, Alexis découvre l’histoire de sa famille et le quotidien de Spinalonga, une petite île aujourd’hui vidée de ses habitants et accessible en bateau, où le gouvernement exilait les lépreux au milieu du siècle dernier. A quelques miles de leurs proches, ces condamnés à mort reconstruisaient leur vie, et bâtissaient une vraie communauté de vie avec ses règles et sa hiérarchie, pour vivre pleinement le temps qu’il leur restait.

C’est une belle saga familiale qui nous plonge au cœur de la vie insulaire en Crête avec son soleil de plomb, ses olives, sa peur de l’inconnu, ses manigances et ses destins croisés… et la lèpre qui plane au dessus de chacun des habitants comme une menace qui fragilise l’équilibre sociétal qu’ils ont établi. L’écriture est agréable à lire, l’auteur nous propose un juste dosage entre le romanesque et l’historique, agrémenté de belles descriptions de la vie locale qui donnent des envies d’évasion. Bref, ça vaut le détour !

jeudi 25 avril 2013

Gilles Rochier, à suivre

Juste pour info et à destination principalement des lyonnais, j'ai vu sur le magazine du Grand Lyon qu'il y avait un auteur de BD à suivre...

Gilles Rochier est un dessinateur qui a visiblement le vent en poupe; après avoir décroché le prix Révélation au festival d'Angoulême pour sa BD "Ta mère la pute", il est actuellement en résidence dans un espace culturel de Villeurbanne, banlieue lyonnaise connue notamment pour son quartier des gratte-ciels qui date des années 30 environ. Gilles Rochier, qui est fasciné par les grands ensembles, s'inspire de l'architecture du quartier, de son ambiance et de ses habitants et nous livre en primeur quelques instantanés sur son blog. S'il n'a pas à mon sens beaucoup d'intérêt pour le moment, il donne envie d'en savoir plus sur cet auteur.

mardi 23 avril 2013

La famille, de Bastien Vivès 7/10

 
Une petite BD sympathique écrite par un jeune auteur de 28 ans qui aborde la thématique de la famille avec son lot de réjouissances : l'adolescence, la confrontation avec les adultes, les enfants qui perdent leur innocence et les parents qui refusent de les voir grandir. Le tout est abordé avec un ton pour le moins caustique, notamment les débordements des parents qui usent de mauvaise foi pour garder leur progéniture encore un peu sous leur aile protectrice.

C'est assez drôle et étonnant de découvrir Bastien Vivès dans ce registre si différent de la très belle BD "Polina" qui évoque avec sensibilité le parcours d'une danseuse classique.

Vous pouvez en découvrir un peu plus en allant sur son blog qui pour ma part m'a un peu déçue... en revanche, je vous recommande de découvrir ses BDs.

jeudi 28 mars 2013

Cinquante nuances plus sombres, de El James 3/10

A la fin du tome 1, Anastasia a laissé le bellâtre en plan, terrorisée par les sentiments qu'elle éprouve pour lui et l'emprise qu'il exerce sur elle.
Mais voila, la vie sans Christian est sans nuances, et son petit coeur chaviré lui rappelle à  chaque battement faiblard qu'elle ne vibre que pour un seul homme. Ils se retrouvent, remettent les pendules à l'heure et tombent éperdument amoureux ... mais la vie n'est pas si simple avec monsieur cinquante nuances et son passé opaque semble remonter à la surface, en emportant tout une foule d'emmerdes dans son sillage.

Oui oui je me suis laissée embarquer dans le 2e tome malgré tout le mal (mais aussi un peu le bien) que j'en avais pensé. Je n'étais pas tout à fait mécontente de retrouver ces personnages et d'en savoir un peu plus sur leur relation amoureuse. Et oui, dans ce tome, les sentiments sont bien présents et on tombe dans le roman à l'eau de rose, pimenté par des scènes relevées au tabasco. Mais ça sent la redite et le manque d'inspiration de l'auteur qui reprend les mêmes tournures de phrases à tout bout de champ. Alors on finit par lire en diagonale pour savoir comment ça se termine... Je suis sévère mais je me suis tout de même emparée du 3e tome car il faut bien aller au fond des choses non? Alors je saque ce 2e tome, en attendant le verdict du dernier qui relèvera peut être la moyenne générale!

lundi 4 mars 2013

A la lumière du crépuscule, de Jean Léonetti 8/10




En 2005, Jean Leonetti (cardiologue et député maire d'Antibes), planche sur un sujet pour le moins sensible : la loi sur le droit des malades et la fin de vie.
Pour écrire un texte qui colle au mieux aux besoins des malades en fin de parcours et de leurs familles, Jean Leonetti les a rencontrés et écoutés.

Avec pudeur et respect pour les patients, il a rassemblé des extraits de témoignages qu'il confronte à son point de vue de médecin. Il en tire une nécessité d'aider le patient et sa famille en leur offrant de beaux derniers instants de vie, et en atténuant au maximum la souffrance physique. Le patient est en droit de choisir l'arrêt de son traitement mais, contrairement à ce qui était pratiqué avant, les soins de confort doivent lui être administrés jusqu'à son dernier souffle. A travers ce livre et en écho au titre qu'il a choisi "A la lumière du crépuscule" l'attente de la mort est envisagée comme un moment de plus dans notre vie...

Un beau livre où l'on découvre des parcours très différents, et qui amène à réfléchir à ce sujet bien complexe...

mardi 26 février 2013

Mimi Stinguette, de Myriam Rak 5/10

Encore une illustratrice qui exploite le filon très commercial de la jeune trentenaire en proie à ses problèmes existentiels : régime, mode, goût compulsif pour les chaussures, auto-critique...mais ça commence à sentir le périmé, d'autant que ses grandes soeurs Pénélope Bagieu> avec son blog et sa saga de Joséphines et Margot Mottin avec elle aussi son blog et ses BD ont déja fait mieux sur le même thème. Mimi Stinguette c'est un peu édulcoré, naïf et pas assez affirmé comme si l'auteure craignait d'aller trop loin. Résultat, on a des petits gags d'une seule illustration qui laissent un peu sur leur faim. Les dessins sont frais mais un peu figés, et ça manque vraiment d'impertinence. A sa décharge et d'après ce que j'ai compris de la page de remerciements, Myriam Rak est en fait juriste et a lancé son blog sur la toile pour faire connaître ses dessins. Contactée par un éditeur, elle a eu la chance de pondre son premier album... une histoire plutôt sympathique en fait. L'ensemble est donc un peu décevant et déja vu, ça manque d'identité mais ça reste un petit moment de lecture plutôt agréable. Si vous ne voulez pas acheter forcément sa BD, allez faire un tour du côté de son blog pour vous faire votre propre idée !

mardi 29 janvier 2013

Les pays, de Marie-Hélène Lafon 9/10

Claire est une fille de paysans qui ne connaît Paris que fugacement, grâce à des courts séjours avec le père, au moment du salon de l'agriculture.
Ils montent à Paris avec la valise pleine de fromages et saucisses fabriqués à la ferme et se confrontent à la vie parisienne. Elève brillante, Claire grandit avec la certitude de vouloir exercer un métier plus intellectuel et le courage de rompre avec le pays dont elle est un pur produit. Robuste, sérieuse et travailleuse. Mais elle sent que son avenir est ailleurs. Après le bac, elle vient user ses pantalons démodés sur les bancs de la Sorbonne où commencera son initiation dans un autre monde.

C'est un petit bijou de littérature ce roman. D'abord l'auteur a une très très grande maîtrise de l'écriture et jongle avec des mots oubliés des romans actuels, en tout cas de ceux que j'ai lus dernièrement. C'est un vrai plaisir de la lire même si on doit parfois tourner les pages de son dictionnaire pour vérifier voire même découvrir la signification d'un mot : bonasse, résipiscence, le puiné, congruente, tumescence, roide, immarcescible, rutilance... rien que l'orthographe et la prononciation de ces mots me mettent en joie. Mais au-delà de ses qualités littéraires indéniables, son portrait de cette héroïne en pleine initiation de la vie est très juste, sans jugement aucun. On la suit pas à pas et on la voit se transformer au gré de ses rencontres, tant avec des familles d'intellectuels qui lui font découvrir l'art et la musique, qu'avec des gens de son pays, qui lui rappellent plus que jamais la distance qui la sépare des siens. Pour Claire, qui a choisi la voie des langues mortes et de l'enseignement, il n'y a plus de retour possible. Si son pays l'a façonnée,  Paris l'a rendue vivante.

jeudi 17 janvier 2013

Barbe bleue, de Amélie Nothomb 6/10

Saturnine répond à une étrange annonce pour sous louer une chambre dans un immense appartement parisien. En attendant de rencontrer le maître des lieux, elle apprend que toutes les jeunes femmes qui ont habité sous le même toit que lui ont étrangement disparu. Peu impressionnée et impressionnable, Saturnine ne se défile pas et conquiert l'insaisissable conte d'origine espagnol qui vit en ermite , entouré seulement par ses domestiques et nourri au Dom Pérignon et au caviar. Chaque soir, ils se retrouvent au souper et la jeune fille cherche à percer son mystère, sans risquer de figurer à son tableau de chasse.

Avant toute chose, ça me fait un peu bizarre de mettre la même note au dernier Amélie Nothomb qu'à "Cinquante nuances de Grey", car les deux auteurs ne jouent pas du tout sur le même tableau...
 Bref, c'est dit. C'est un Amélie Nothomb parmi d'autres, c'est à la fois vif, brillant et éloquent. Les échanges voire les joutes verbales entre les protagonistes sont pleines de références culturelles et littéraires, elle fait honneur au conte de Perrault qu'elle revisite à la lumière de notre époque. Oui mais. Comme pas mal de romans signés par Amélie Nothomb, (et il y en a, pas moins de 1 par an depuis 20 ans !) je trouve que c'est froid et aseptisé. Ses personnages manquent de rondeur, tout se joue dans le dialogue, comme une pièce de théâtre. J'aimerais qu'elle se mette plus à nue, elle a surement plus à mettre sur la table.

Je ne suis pas très loquace ce soir, juste envie d'aller me réfugier sous la couette ...